Mis à jour le 31 octobre 2026 par Nabil Hallaoui

Définition du sucralose (E955)

n. m.
Additifs et galénique
Édulcorant de synthèse environ 600 fois plus sucrant que le sucre, très répandu dans les whey aromatisées. Autorisé en Europe ; sa dose journalière admissible, confirmée par l’EFSA en 2026, est de 15 mg par kg de poids, loin de ce qu’apporte un shaker.
Voir aussiÉdulcorant
Dans cette fiche

Le sucralose, ou E955, est un édulcorant de synthèse environ 600 fois plus sucrant que le sucre, sans calories aux doses utilisées. Dérivé du saccharose par remplacement de trois groupes hydroxyles par des atomes de chlore, il est autorisé en Europe comme additif alimentaire, avec une dose journalière admissible fixée par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments).

Dans les compléments pour pratiquants, c’est l’édulcorant le plus fréquent des « whey » aromatisées, souvent associé à l’acésulfame K. La famille des édulcorants, avec ses doses admissibles, a sa propre fiche dans le glossaire de NabFit.

Ce que ça veut dire concrètement

Que dit l’autorité européenne ? Dans sa réévaluation publiée le 17/02/2026, l’EFSA confirme la dose journalière admissible de 15 mg par kilo de poids et par jour, et constate que l’exposition des consommateurs reste en dessous de ce seuil (1). Pour un adulte de 70 kg, cette limite correspond à 1,05 g de sucralose par jour, une quantité très au-dessus de ce qu’un shaker aromatisé peut contenir, puisque l’édulcorant se compte en dizaines de milligrammes par dose.

Cette réévaluation s’inscrit dans le réexamen de tous les additifs autorisés avant 2009. L’EFSA a aussi étudié une demande d’extension à davantage de produits de boulangerie fine, et c’est là qu’elle a posé une réserve. Exposé longtemps à de hautes températures, le sucralose peut libérer du chlore et former des composés chlorés aux effets inconnus (1). Elle n’a donc pas pu confirmer la sécurité de ces nouveaux usages, et recommande à la Commission d’examiner la question de la cuisson domestique (1).

Pour une poudre diluée dans de l’eau froide, cette réserve ne s’applique pas. Elle concerne la pâtisserie et la friture, où le sucralose chauffe longtemps ; sur NabFit, c’est l’argument retenu pour préférer un édulcorant d’origine végétale dans les recettes cuites.

Ce que ça ne garantit pas

Un shaker au sucralose fait-il maigrir ? Un édulcorant ne garantit aucun effet sur le poids. L’Organisation mondiale de la santé recommande depuis 2023 de ne pas utiliser les édulcorants sans sucre pour contrôler son poids (2). Sa revue des études ne trouve aucun bénéfice à long terme sur la masse grasse, et relève de possibles effets indésirables d’une consommation prolongée, avec une recommandation qualifiée de conditionnelle (2).

Il ne garantit pas non plus une réponse neutre de l’organisme. Dans un essai randomisé chez 120 adultes en bonne santé, deux semaines de sucralose à des doses inférieures à la dose admissible ont modifié le microbiote intestinal et altéré la réponse glycémique (3). Les différences d’une personne à l’autre étaient fortes (3). Les auteurs concluent que ces effets, propres à chacun et liés au microbiote, appellent une évaluation de leurs conséquences cliniques (3).

À retenir : le sucralose est autorisé et sa dose admissible est loin d’être atteinte par un shaker, mais il n’apporte rien d’utile à une whey ; sa présence relève du goût, jamais de la nutrition.

Limites et effets secondaires

Les points de vigilance viennent de la recherche récente. Des travaux in vitro ont observé que le sucralose et son impureté de fabrication, le sucralose-6-acétate, altèrent l’intégrité de la barrière intestinale sur un modèle d’épithélium colique humain (4). Le sucralose-6-acétate s’est aussi révélé génotoxique dans deux tests de dépistage, et les auteurs ont trouvé jusqu’à 0,67 % de cette impureté dans des échantillons commerciaux récents (4). Ces résultats restent des observations de laboratoire, et l’EFSA a maintenu en 2026 la dose admissible (1).

C’est cette littérature qui fonde la réserve de NabFit sur le sucralose. Dans les tests de produits, elle s’exprime comme une préférence éditoriale pour les poudres nature ou sucrées aux glycosides de stéviol, sans jamais affirmer un danger que les agences n’ont pas établi. La fiche de l’édulcorant replace cette position parmi les autres substances autorisées.

Sucralose ou stévia ?

Les deux sont des édulcorants autorisés, chacun avec sa dose journalière admissible : 15 mg par kilo pour le sucralose (1), 4 mg par kilo en équivalents stéviol pour les glycosides de stéviol, extraits et purifiés de la plante (5). La stévia a donc elle aussi une limite, et son origine végétale ne la dispense d’aucune évaluation.

Ce qui les distingue tient au goût, à l’arrière-goût de réglisse de la stévia que certains n’aiment pas, et à la stabilité à la cuisson, où la réserve de l’EFSA ne vise que le sucralose (1). Sur NabFit, la préférence va aux produits nature, puis à la stévia, par choix de ligne éditoriale.

Comment le lire sur une étiquette ou une fiche produit

Comment le repérer ? Dans la liste des ingrédients, le sucralose apparaît par sa catégorie suivie de son nom ou de son numéro : « édulcorant : sucralose » ou « E955 ». La dénomination du produit doit être accompagnée de la mention « avec édulcorant(s) », ou « avec sucre(s) et édulcorant(s) » quand du sucre est aussi ajouté (6).

Aucune étiquette n’indique la quantité d’édulcorant. Seule sa position en fin de liste, où les ingrédients sont classés par ordre décroissant de poids, renseigne sur sa faible proportion (6). Les goûts élaborés en contiennent presque toujours, alors qu’une poudre nature s’en passe ; c’est l’un des critères que détaille le barème de notation de NabFit.

Sur NabFit

Le test de la whey de Bulk et celui de la whey d’Accelerate Nutrition montrent comment le sucralose pèse dans l’appréciation d’une liste d’ingrédients. Le comparatif des meilleures whey isolate signale les références sucrées à la stévia ou sans édulcorant.

Questions fréquentes

Le sucralose est-il dangereux ?

Aux usages autorisés, l’EFSA l’a jugé sûr en février 2026, avec une dose admissible de 15 mg par kilo que l’exposition réelle n’atteint pas (1). Les observations sur la barrière intestinale et le microbiote restent du domaine de la recherche (3, 4).

Le sucralose fait-il grossir ?

Il n’apporte pas de calories, mais l’OMS ne lui reconnaît aucun bénéfice à long terme sur le poids (2), et un essai a observé qu’il pouvait altérer la réponse glycémique chez certaines personnes (3).

Peut-on cuisiner avec du sucralose ?

L’EFSA n’exclut pas la formation de composés chlorés lors d’une cuisson longue à haute température, comme la friture ou la pâtisserie, et recommande d’examiner la question (1). Dans un shaker froid, le problème ne se pose pas.

Combien de sucralose contient une whey ?

Les marques ne le déclarent pas, et aucune règle ne les y oblige. Vu son pouvoir sucrant, une dose en contient quelques dizaines de milligrammes, loin du gramme que représente la dose admissible d’un adulte (1).

Sources

  1. EFSA, « EFSA finds sucralose safe when used as currently authorised; cannot confirm safety of extending its use », 17/02/2026 (lien en anglais), consulté le 21/10/2026 ;
  2. OMS, « WHO advises not to use non-sugar sweeteners for weight control in newly released guideline », 15/05/2023 (lien en anglais), consulté le 21/10/2026 ;
  3. Suez J. et al., « Personalized microbiome-driven effects of non-nutritive sweeteners on human glucose tolerance », Cell, 2022 (lien en anglais), consulté le 21/10/2026 ;
  4. Schiffman S. S. et al., « Toxicological and pharmacokinetic properties of sucralose-6-acetate and its parent sucralose: in vitro screening assays », Journal of Toxicology and Environmental Health, Part B, 2023 (lien en anglais), consulté le 21/10/2026 ;
  5. EFSA, « Scientific Opinion on the safety of steviol glycosides for the proposed uses as a food additive », EFSA Journal 2010;8(4):1537 (lien en anglais), consulté le 21/10/2026 ;
  6. règlement (UE) n° 1169/2011, article 18 et annexe III, point 2 (EUR-Lex), consulté le 21/10/2026.