Mis à jour le 31 octobre 2026 par Nabil Hallaoui

Définition de l’ANSES

Qualité, labels et réglementation
Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, créée en 2010 par fusion de l'Afssa et de l'Afsset. Elle évalue les risques, gère la table Ciqual et la nutrivigilance, qui recense les effets indésirables liés notamment aux compléments ; elle n'autorise pas les produits.
Dans cette fiche

L’ANSES, ou Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, est l’établissement public français chargé d’évaluer les risques sanitaires dans ces trois domaines. Née le 1er juillet 2010 de la fusion de l’Afssa et de l’Afsset, elle rend des avis scientifiques aux ministères. Elle gère également la table Ciqual de composition des aliments, définie dans le glossaire de NabFit, et pilote la nutrivigilance, le dispositif qui recueille les effets indésirables liés notamment aux compléments alimentaires.

Ce que ça veut dire concrètement

L’Agence est devenue opérationnelle le 1er juillet 2010, en application de l’ordonnance du 7 janvier 2010 et de son décret du 28 juin 2010. Elle a alors repris les missions, les moyens et le personnel de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et de celle de l’environnement et du travail (1). Son rôle est l’expertise : elle évalue les risques et formule des recommandations, et ce sont les ministères qui décident des mesures.

Pour un pratiquant, trois de ses travaux comptent au quotidien. La table Ciqual, d’abord, qui donne la composition de 3 484 aliments dans sa version 2025 et alimente les fiches aliments de NabFit (2). Les références nutritionnelles, ensuite : par exemple 250 mg d’EPA et 250 mg de DHA par jour pour un adulte, 1 % de l’énergie sous forme d’acide alpha-linolénique, ou 30 g de fibres par jour (3, 4).

La nutrivigilance, enfin. Confiée à l’Agence en 2009, elle a enregistré plus de 5 000 déclarations d’effets indésirables, environ 1 000 par an ces dernières années. Elles concernent des compléments alimentaires, des aliments enrichis, des nouveaux aliments et des produits destinés à des populations particulières. Les déclarations sont analysées par des médecins qui en évaluent la sévérité et l’imputabilité ; les cas graves et bien établis déclenchent une alerte aux pouvoirs publics ou une évaluation des risques (5).

Ce que ça ne garantit pas

L’ANSES n’autorise pas les compléments alimentaires et ne les certifie pas. En France, leur mise sur le marché passe par une déclaration au ministre chargé de l’agriculture, avec un modèle de l’étiquetage, prévue par le décret de 2006.

L’Agence, elle, est consultée pour l’inscription de substances ou de plantes sur les listes autorisées, ou saisie quand un produit déclaré pose question, mais elle n’examine pas chaque référence vendue (6). Une marque qui affiche « conforme aux recommandations de l’ANSES » ne dit rien d’autre que « je respecte un seuil », et l’Agence n’a validé ni son produit ni son discours.

Un signalement de nutrivigilance n’établit pas non plus une causalité. C’est précisément le travail d’imputabilité qui distingue un effet probablement lié au produit d’une coïncidence (5). À l’inverse, l’absence de signalement ne prouve pas l’innocuité : le dispositif repose sur des déclarations volontaires, surtout de professionnels de santé.

Enfin, un avis de l’ANSES est daté. Son avis de 2016 sur les compléments destinés aux sportifs reposait sur 49 signalements, majoritairement cardiovasculaires et psychiques, et concluait que les bénéfices attendus de ces produits restaient « très fortement hypothétiques » au regard des risques (7). Il déconseille la caféine avant et pendant le sport, ainsi que le cumul de plusieurs compléments. Comme il n’a pas été réécrit depuis, NabFit le cite en tant que position d’agence, sans en faire le dernier mot de la science.

À retenir : l’ANSES évalue, les ministères décident, les marques déclarent : son nom n’est jamais un label, et son avis de 2016 sur les compléments pour sportifs mérite d’être lu avant d’acheter un brûleur ou un booster.

Comment le lire sur une étiquette ou une fiche produit

Figurez-vous que le nom de l’ANSES n’a rien à faire sur une étiquette comme gage de qualité, puisque l’Agence ne délivre ni label ni agrément. Si une fiche produit la cite, vérifiez ce qui est cité. Il peut s’agir d’une référence nutritionnelle (une dose de magnésium ou d’oméga-3 par jour), d’une recommandation (la norme NF V94-001, devenue NF EN 17444, que son avis de 2016 recommandait aux sportifs) ou d’une valeur Ciqual (7).

Là où l’ANSES compte vraiment pour vous, c’est en cas de problème. Un effet indésirable après la prise d’un complément se déclare en ligne, de préférence par un professionnel de santé, et chaque déclaration enrichit la connaissance des produits (5). Les avis publiés, comme celui sur les compléments pour sportifs, se lisent gratuitement sur anses.fr.

Sur NabFit

Les fiches du tableau des valeurs nutritionnelles citent la table Ciqual en pied de page, et le guide des pre-workout reprend les ingrédients contre lesquels les agences sanitaires ont mis en garde. Le barème de notation explique pourquoi une allégation commerciale ne vaut jamais un document vérifiable, et le guide la créatine est-elle dangereuse montre comment NabFit distingue les craintes fondées des rumeurs.

Questions fréquentes

L’ANSES autorise-t-elle les compléments alimentaires ?

Non. Elle évalue des risques et rend des avis ; la mise sur le marché relève d’une déclaration au ministre chargé de l’agriculture, et les listes de substances et de plantes autorisées sont fixées par arrêté, après avis de l’Agence (6).

Comment déclarer un effet indésirable lié à un complément ?

Sur le site de déclaration en ligne de la nutrivigilance, en six étapes. L’ANSES recommande de passer par un professionnel de santé, qui pourra documenter le cas ; les particuliers peuvent aussi déclarer eux-mêmes (5).

ANSES ou EFSA, qui fait quoi ?

L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) est l’autorité européenne : elle évalue les additifs, les allégations de santé et fixe les doses journalières admissibles valables dans toute l’Union. L’ANSES est l’agence française : références nutritionnelles nationales, table Ciqual, nutrivigilance et avis aux ministères français.

Sources

  1. ANSES, « Naissance de l’Anses », 01/07/2010 (anses.fr), consulté le 20/10/2026 ;
  2. ANSES, « La table de composition nutritionnelle du Ciqual », 19/11/2025 (anses.fr), consulté le 20/10/2026 ;
  3. ANSES, « Les lipides », 15/03/2021 (anses.fr), consulté le 20/10/2026 ;
  4. ANSES, « INCA 3 : évolution des habitudes et modes de consommation », 12/07/2017 (anses.fr), consulté le 20/10/2026 ;
  5. ANSES, « La nutrivigilance », mis à jour le 14/10/2026 (anses.fr), consulté le 20/10/2026 ;
  6. décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires, articles 6, 7, 15 et 16 (Légifrance), consulté le 20/10/2026 ;
  7. ANSES, « Compléments alimentaires destinés aux sportifs : des risques pour la santé pour des bénéfices incertains », 20/12/2016 (anses.fr), consulté le 20/10/2026.