Mis à jour le 31 octobre 2026 par Nabil Hallaoui

Définition d’un aminogramme

n. m.
Protéines et procédés
Tableau qui détaille la quantité de chaque acide aminé d'une protéine, pour 100 g de produit ou de protéines. Il permet de comparer deux protéines (neuf acides aminés essentiels, leucine) et de repérer un protein spiking, invisible dans la teneur légale en protéines (azote × 6,25).
Dans cette fiche

Un aminogramme est le tableau qui détaille la quantité de chaque acide aminé contenue dans une protéine, exprimée en général pour 100 g de produit ou pour 100 g de protéines. Sur une « whey », il permet ainsi de vérifier la présence des neuf acides aminés essentiels, puis la part de leucine et de BCAA.

Il sert aussi à repérer un éventuel protein spiking, c’est-à-dire l’ajout d’acides aminés bon marché destiné à gonfler la teneur en protéines affichée. Chacune de ces notions a d’ailleurs sa définition dans le glossaire de NabFit.

Ce que ça veut dire concrètement

Que contient vraiment ce tableau ? Les protéines sont constituées de vingt acides aminés. Neuf d’entre eux sont dits essentiels, parce que l’organisme ne sait pas les fabriquer : histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane et valine (1). Les protéines du lactosérum les contiennent tous en proportions utiles, ce qui leur vaut le score maximal sur l’échelle PDCAAS, la mesure de référence de la qualité d’une protéine (2).

Un aminogramme complet liste donc une vingtaine de lignes, avec une valeur en grammes pour chacune. On y lit d’abord la somme des essentiels, puis la leucine, l’acide aminé qui déclenche la synthèse des protéines musculaires, et les trois BCAA (leucine, isoleucine, valine). Comme deux whey de bonne qualité ont des profils très proches, un écart important sur un acide aminé précis constitue un signal d’alerte, même quand la marque le présente comme un argument de vente.

Son intérêt principal vient de la façon dont la loi mesure les protéines. Sur une étiquette européenne, la teneur en protéines est calculée à partir de l’azote total mesuré par la méthode Kjeldahl, multiplié par 6,25 (3). Tout composé azoté compte donc comme « protéine » : de la glycine, de la taurine ou de la créatine ajoutées en vrac gonflent le chiffre sans apporter de protéine complète. Seul l’aminogramme rend cet ajout visible, par une glycine ou une taurine anormalement élevées.

Ce que ça ne garantit pas

Un aminogramme « typique », publié par le fournisseur de la matière première, ne décrit que l’ingrédient de départ. Il ne dit donc rien des ajouts faits ensuite par la marque, ni du lot que vous avez acheté. Seul un aminogramme mesuré sur le produit fini, idéalement rattaché à un numéro de lot, garantit ce que contient votre poudre.

Il ne garantit pas non plus la digestibilité, puisque le tableau indique des quantités sans dire ce que votre intestin en absorbe. Pour une whey, la question se pose peu. En revanche, pour une protéine végétale, l’aminogramme doit se lire avec le score de digestibilité, car une teneur correcte en lysine ou en méthionine ne sert à rien si elle est mal absorbée (2).

Enfin, un aminogramme réduit aux seuls BCAA ou aux essentiels ne protège pas du protein spiking : c’est précisément en omettant la glycine et la taurine qu’une marque peut masquer leur ajout. Sur NabFit, l’absence totale d’aminogramme sur le site d’une marque est traitée comme un signal de défiance.

À retenir : un aminogramme complet, mesuré sur le produit fini, est la seule pièce qui montre ce que la teneur en protéines peut cacher.

Comment le lire sur une étiquette ou une fiche produit

Décortiquons ensemble un aminogramme. Repérez d’abord l’unité : « pour 100 g de protéines » ou « pour 100 g de produit ». Un concentré à 80 % affiche des valeurs environ 20 % plus basses dans la seconde présentation, sans être moins bon. Vérifiez ensuite que les vingt acides aminés figurent, additionnez les neuf essentiels, puis lisez la leucine et la glycine. Comparez enfin avec une autre whey : les profils de lactosérum se ressemblent, et un écart marqué appelle une explication.

Sur une fiche produit, le mot « typique » ou « valeurs indicatives » signale un profil fournisseur ; « analysé », un numéro de lot et un laboratoire nommé signalent une mesure. Dans le barème de notation de NabFit, l’aminogramme publié compte dans l’axe transparence des protéines en poudre, et son retrait d’une fiche produit fait baisser la note.

Sur NabFit

Le guide du protein spiking explique l’arnaque à l’azote et les méthodes de dosage. Le dossier sur les acides aminés et l’article sur l’utilité des BCAA situent chaque ligne du tableau. Pour un exemple concret, le test de l’isolat de whey native d’AqeeLab Nutrition commente un aminogramme imprimé au dos du sachet.

Questions fréquentes

Pour 100 g de protéines ou pour 100 g de produit ?

Les deux existent et ne se comparent pas directement. Pour passer de l’un à l’autre, multipliez les valeurs « pour 100 g de protéines » par la teneur en protéines du produit (0,8 pour une whey à 80 %).

Un bon aminogramme prouve-t-il la qualité d’une whey ?

Il prouve que le profil annoncé est celui d’une protéine de lactosérum complète. Il ne dit rien de la filtration, des additifs, de l’origine du lait ni du lot : ce sont d’autres critères, jugés ailleurs dans le barème.

Pourquoi la glycine est-elle l’acide aminé suspect ?

Parce qu’elle est bon marché et riche en azote : ajoutée en quantité, elle fait monter la teneur en protéines calculée par la méthode Kjeldahl (3). Une glycine nettement plus élevée que dans les autres whey doit faire poser la question à la marque.

Sources

  1. Lopez M. J., Mohiuddin S. S., « Biochemistry, Essential Amino Acids », StatPearls, NCBI Bookshelf, mis à jour le 30/04/2024 (lien en anglais), consulté le 20/10/2026 ;
  2. Hoffman J. R., Falvo M. J., « Protein: Which is Best? », Journal of Sports Science and Medicine, 2004 (lien en anglais), consulté le 20/10/2026 ;
  3. règlement (UE) n° 1169/2011, annexe I, définition des « protéines » (EUR-Lex), consulté le 20/10/2026.